“De Sève et de Sang”

A l’heure où les forêts primaires sont détruites par les exploitations industrielles, l’agriculture et le réchauffement climatique; nous observons depuis deux ans des incendies catastrophiques en Amazonie, en Australie, en Californie et en Sibérie…les mobilisations écologistes n’ont jamais été aussi présentes, mais si peu suivies de décisions politiques dignes de la magnificence de cette terre. Pourtant, la forêt fait l’objet de nombreuses recherches qui attestent de son importance cruciale pour notre survie, comme en témoigne récemment le livre best seller de Peter Wohlleben, la vie secrète des arbres. Peut-être manque t-on de héros, d’inspiration, de militants habités qui donnent tellement de leur personne, qu’ils.elles insufflent la force de se battre et donnent l’espoir fou que changer le monde est encore possible ? Voilà ce que représente Julia Butterfly, qui au début des années 1990, passe deux ans de sa vie à 50mètres au dessus du sol, au sommet d’un séquoia de Californie, pour empêcher la destruction d’une forêt primaire.

La mue du papillon

De son vrai nom Julia Lorraine Hill, elle est surnommée « Butterfly » après qu’un papillon se soit posé sur elle et y soit resté durant toute la durée d’une randonnée familiale. Fille de pasteur itinérant, elle et sa famille vivent durant plusieurs années dans une petite roulotte, se déplaçant de ville en ville. Après avoir suivit l’école à la maison jusqu’à ses huit ans, elle réussit ses études, puis travaille comme serveuse et deviens gérante de restaurant avec son père. En bonne américaine, elle suit néanmoins le chemin tout tracé d’une situation sociale et matérielle avantageuse où la poursuite d’une carrière et de biens matériels est à l’honneur. Mais à 22ans, elle subit un grave accident de voiture qui va tout remettre en question : percutée par un chauffard ivre, le volant de la voiture lui rentre dans le crâne, elle ne se remettra à parler et marcher normalement qu’au bout d’un an de soins et de rééducation. Suite à cet évènement, elle part sur les routes, comme investie d’une mission. Sa quête s’arrêtera sur une forêt primaire à défendre et sur un séquoia nommé Luna.

L’appel de la forêt

En 1996, Julia visite la plus ancienne forêt de séquoias au monde et est littéralement captivée par l’énergie de ces arbres anciens. Elle fait la connaissance des activistes écologiques Earth First qui luttent contre la destruction de ces arbres millénaires menacés d’extinction par les coupes à blanc de la Pacific Lumber Company. Bouleversée, elle décide de vendre tous ses biens et de se consacrer à la protection de cette forêt. Earth First avait entrepris d’occuper un arbre en particulier pour empêcher les bûcherons de travailler, une petite plateforme en bois avait été construite au sommet d’un séquoia : Luna. Julia se porte alors volontaire pour y séjourner durant 30jours avec un autre militant. Ce dernier, trop éprouvé, dû descendre de son perchoir avant la fin des trente jours laissant Julia seule. Julia finit son tour de garde au terme des trente jours, mais la compagnie ne lâchant rien, malgré la campagne lancée pour prévenir de la déforestation, elle entreprit un second séjour à la cîme des arbres, avec Luna comme seule compagnie et refuge. 

L’écorce des héros

Julia doit affronter la solitude, le froid, les gelures, les tempêtes, les pluies verglaçantes, la grêle et les privations de nourriture. Elle est ravitaillée en eau et en nourriture grâce au groupe d’écologistes, mais la Pacific Lumber Companie met tous les moyens pour dissuader le groupe de poursuivre son action, dont engager un service de sécurité pour empêcher le ravitaillement de Julia pendant 10 jours. Mais ce n’est pas tout, la compagnie met en oeuvre un harcèlement systématique : Julia subit les assauts réguliers d’hélicoptères avec leurs lumières et leurs hauts parleurs, mais aussi les tentatives d’intimidation des bûcherons. La santé et les nerfs de la jeune femme sont mis à rude épreuve mais, déterminée, elle y passe deux ans. Deux années à vivre au rythme d’un arbre, à se mêler jusqu’à sa sève, elle disait qu’elle ne se lavait plus les pieds car la sève qui y était collée lui permettait de mieux adhérer à l’arbre en se déplaçant dessus. A la fin de son séjour, on la voit se déplacer, animalement, le long des branches de Luna sans baudrier, ni cordes, ni casque, on ne sait plus si elle habite l’arbre ou bien si c’est l’arbre et toute la nature qui l’habite. Ce qui est certain, c’est que leur survie, dépendait l’une de l’autre. Après un séjour de 738 jours et une pression médiatique énorme, la compagnie accepte enfin d’épargner Luna et une zone de 1,2 hectare autour de l’arbre, ils laissent aussi un joli chèque de 50 000 dollards pour la recherche sur une gestion durable de la forêt. Julia Butterfly redescend de son arbre. Elle s’effondre au sol, entres les racines de Luna, lorsque ses pieds touchent enfin terre.

La nature dans la peau

Julia Butterfly, poursuis aujourd’hui son combat pour un monde meilleurs, plus respectueux de l’environnement. Elle écrit The Legacy of Luna et De sève et de sang qui relatent son expérience spirituelle au sein du séquoia. Julia est à l’origine de la fondation Circle of Life, qui encourage a une action individuelle et collective pour le respect de la nature et sensibilise à l’interdépendance de toutes vies par le biais de conférences, d’actions éducatives et le soutient à d’autres organisations de protection de la nature. Elle crée aussi We the planet, une tournée musicale éco-responsable, et Engage Network, une organisation de formation qui oeuvre au changement social. En 2002, loin de s’être rangée, elle est emprisonnée en Equateur pour avoir manifesté contre un projet de pipeline au coeur de la forêt andine. En 2003, elle s’illustre encore dans la désobéissance civile, en affirmant sa position de résistante fiscale, refusant de payer ses impôts à un état dont elle désapprouve la politique, elle reverse son argent à des organisations écologiques et sociales, comme pour les amérindiens par exemple, peuple exterminé puis délaissé par les politiques publiques. L’ambassadrice d’un monde nouveau, pour une humanité plus soucieuse de la vie, dans un sens global. Une femme hautement inspirante sur le sens de la vie, le sens profond de nos actions, du monde que nous laisserons à nos enfants…

N’oubliez pas de planter un arbre de temps à autre, d’utiliser des papiers et emballages recyclés, d’éviter soja et huile de palme, de choisir des bois certifiés, en provenance de forêts éco-gérées, et non traités pour vos constructions…et si vous avez d’autres idées allons y ! N’hésitez pas à partager cet article si il vous a parlé, vous pouvez aussi suivre mes aventures d’illustratrice en explorant mon site web sur Facebook et Instagram.

Little Wild Leaves.

Sources

https://youtube.com/watch?v=LeQ18kTesLs%3Ffeature%3Doembedhttps%3A

Le site web de Juila Butterfly :

https://www.circleoflife.orghttps://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=https://en.wikipedia.org/wiki/Julia_Butterfly_Hill&prev=search&pto=auehttps://scienceetbiencommun.pressbooks.pub/citoyennesdelaterre/chapter/julia-butterfly-hill-1974-etats-unis/embed/#?secret=JREnKC5UxR

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